03 octobre 2013

Elle était si belle, la poupée... celle que les anges avaient oubliée...

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Cette chanson me rappelle le grand désarroi, le sentiment d'impuissance que j'ai ressenti le jour où j'ai appris qu'une camarade de classe avait mis fin à sa vie, pendant des vacances scolaires.

Personne ne faisait vraiment attention à elle, alors qu'en y pensant, elle nous avait donné des signaux d'alarme.

Elle avait tout pour elle, cette jolie blonde aux yeux bleus. Elle avait l'air sûr d'elle et on la voyait comme ça. C'était devenu la tête de turc de la classe. Elle avait l'air un peu prétentieux et tout le monde se moquait d'elle dès qu'elle avait le dos tourné. Moi, je n'ai pas été éduquée comme ça, à me moquer des gens, alors je ne disais rien. Parfois je souriais car oui, c'était quand même une carricature à elle toute seule, mais je ne disais rien. Je lui parlais, contrairement aux autres, mais ce n'était pas non plus une copine. Plus les mois passaient, plus elle me faisait pitié. En réalité, c'était quelqu'un qui se sous-estimait sans arrêt, qui souhaitait lier des amitiés mais qui se faisait toujours refouler de par son apparence trompeuse. Elle était habillée plus chic qu'une fille de son âge, mais en réalité, elle galérait dans la vie. Elle était toute seule dans son tout petit appartement. Avant les vacances, elle a eu une fuite de machine à laver, elle avait perdu son stage... De mon oeil de maman, j'imagine la galère qu'elle a dû affronter toute seule, en plein hiver.

Quand j'entends cette chanson, je repense à elle. Elle devait se sentir si seule. Si je pouvais revenir dans le passé voici ce que je ferais : je m'arrêterais dans ma course effrenée pour rentrer chez moi, ce jour de fin des cours. J'écouterais son SOS : "je vais me tuer pendant les vacances". Je ne lui répondrais pas la réponse toute bête que je lui ai faite "Mais non arrête de dire n'importe quoi, tu vas voir, ça va aller mieux. Déjà si tu en parles, c'est que tu ne vas pas le faire". Elle m'avait répondu : "mais si, tu vas voir". Je lui avais dit qu'elle pouvait m'appeler, si elle avait besoin, parce que là, j'étais vraiment pressée, mon bus allait arriver d'une minute à l'autre"...

Evidemment, j'aurais dû prendre le temps de discuter avec elle, écouter son désarroi. J'ai toujours compris les autres, mais elle, je ne l'avais pas cernée. J'ai tout compris à sa mort, son manque de confiance en elle, son sentiment d'infériorité. Tout ce qu'on avait pas vu, tout ce que je n'avais pas vu. Je l'ai connu 3 mois, mais je ne l'oubierai jamais.

Cette chanson me rappelle mon grand désarroi, le jour où le téléphone a sonné. Quand j'ai appris la nouvelle, ça m'a glacé le sang. Parfois, cette histoire vient me hanter. Et si j'avais répondu à son SOS, que se serait-il passé ? Personne ne le saura jamais. Je sais bien que je ne suis pas responsable de son acte, mais aurais-je pu l'empêcher juste avec le pouvoir des paroles ?

 

 La poupée, c'est une chanson me qui prend les tripes. Les paroles sont magnifiques et l'émotion intense.

 

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Posté par geckomoon à 20:54 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Elle était si belle, la poupée... celle que les anges avaient oubliée...

    C'est courageux déjà de l'écrire... Et c'est bien raconté. Avec des si...

    La chanson est pas mal c'est vrai

    Posté par Leclindoeildemma, 04 octobre 2013 à 21:53 | | Répondre
  • Ton article m'a émue aux larmes et m'a ramené 1 an et demi en arrière.
    Moi non plus je n'ai rien vu.
    Elle était belle avec ses yeux bleus qui faisaient tomber tous les mecs, elle était drôle, extravertie, elle avait un bon job même si elle rêvait d'en changer.
    Elle a eu quelques désillusions en amour, comme nous toutes, mais ne s'en est pas aussi bien remise, et elle gardait aussi quelques cicatrices d'une vie familiale compliquée.
    Et je n'ai rien vu. Je n'ai pas compris qu'elle était à bout et n'arrivait plus à faire face.
    Et un jour elle a décidé que tout était trop compliqué et a commis l'irréparable. Elle n'avait que 27 ans.
    Je pense à elle tous les jours. Je culpabilise parfois quand je passe une soirée avec nos amies et qu'elle n'est pas là. Elle n'aura pas d'enfants, ne se mariera pas avec l'homme de sa vie, ne râlera pas en voyant ses premières rides apparaître....

    Rien que de l'écrire, ce que je n'ai jamais fait jusqu'à aujourd'hui, je me rends compte à quel point elle me manque.

    Merci pour ce beau témoignage.

    Posté par Béné, 28 janvier 2014 à 13:48 | | Répondre
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